Face au traumatisme le BDSM peut il être une thérapie ?
Je vous rappelle ma position sur le BDSM, si rien n'est obligatoire dans le BDSM parce que tout doit être consenti alors il ne faut pas cocher toute les cases de l'acronyme pour faire partie de facto du BDSM.
Le BDSM pourrait il être une thérapie face au trauma ?
C'est une idée pas si neuve que ça dans les années 80, en faisant des recherches j'étais tombé sur une domina pro qui s'était autoproclamé sadothérapeute, revenons aux flagellants il était convaincu que la peste était envoyé par Dieu parce qu'il n'était pas assez pieu, la douleur qu'ils s'infliger plusieurs fois par jour surement faisait elle taire la peur, l'angoisse de la maladie, de la mort, de la colère de Dieu.
Il est impératif pour l'humain de donner du sens à la souffrance, sans quoi il tomberait dans la folie.
Cette idée du BDSM comme thérapie a refait surface dans les sciences humaines en 2019, Bernard Andrieu ( prof de philo ), Asia Luy ( praticienne ) et Claire Lahuerta ( prof d'arts plastique ) reprennent cette idée. Le sexologue Gael Lemouton en tire la conclusion suivante :
"Lorsque des patient.e.s évoquent ces pratiques, l’enjeu n’est plus de chercher “pourquoi” (le traumatisme originel), mais “comment”. Comment cette mise en scène leur permet-elle de réguler leurs émotions, de reprendre le pouvoir sur leur corps ou de s’autoriser un abandon qu’ils/elles ne trouvent nulle part ailleurs ?"
Je vais donc détaillé les mécanismes qui pourrait permettre cette régulation.
Les propositions du BDSM
Réappropriation du corps : Le BDSM, par son cadre ritualisé et consenti, peut permettre une reconnexion à son corps dans un contexte sécurisé. Les pratiques de bondage, de sensation play (jeux sensoriels), ou de domination/soumission consensuelle offrent un espace pour explorer les limites corporelles et les sensations, en contrant la dissociation par une présence ancrée dans l’instant (mindfulness).
Jeu de rôles et réécriture : Certains survivants de trauma utilisent le BDSM pour rejouer des dynamiques de pouvoir de manière contrôlée, transformant une expérience de victimisation en une expérience d’agentivité*. Par exemple, une personne ayant subi une agression peut, en tant que « top » (dominant·e) ou « bottom » (soumis·e), réexpérimenter des sensations ou des positions en en maîtrisant le déroulement et la fin.
Rituels de "réparation" : Les protocoles BDSM (négociation, safewords, aftercare) créent un cadre prévisible et sécurisant, opposé à l’imprévisibilité du trauma. Cela peut aider à restaurer un sentiment de sécurité et de contrôle sur son propre corps.
L'importance de la communauté
Selon le site du gouvernement ( info.gouv.fr ) 53% des français ont eu des troubles psychologiques durant les 12 derniers mois et 70% de la population considère comme tabou le sujet de la santé psychologique.
Dans la communauté BDSM qui est éloigné des normes, les troubles psychologiques ne sont pas tabous, la communauté peut alors faire office de groupe de parole. En relation les pratiquants pour "jouer" dans un cadre sain sur et consensuel se doivent de connaitre l'état santé psychologique de leur partenaire, les traumatismes étant à la fois moteur et frein la santé psychologique est primordiale en relation
Que disent les études actuelles sur l'état de santé psychologique des pratiquants ?
Certaines recherches suggèrent que les pratiquants présenteraient un bien-être psychologique comparables ou parfois supérieurs à la population générale.
Psychological characteristics of BDSM practitioners (Andreas A J Wismeijer , Marcel A L M van Assen 2013 )
Not Twisted, Just Kinky: Replication and Structural Invariance of Attachment, Personality, and Well-Being Among BDSM Practitioners ( Oscar Lecuona 2024 )
Mon hypothèse est la suivante, les pratiquants vivent mieux avec leurs traumatismes que la population générale.
En attendant plus de recherche
Le BDSM n'est pas une panacée, il pourrait être si il démontre son efficacité, une forme de thérapie parmi d'autre, certaines formes de thérapie sont plus indiqués que d'autres selon les troubles et il faut aussi que les patients futurs patient y adhèrent, y croient.
Les pratiquants sont à leur échelle un mix entre le psychologue et le sexologue, néanmoins tout les pratiquants n'ont pas des connaissances en psychologie ou en sexologie et encore moins des diplômes dans ses domaines donc il y a de fait une inégalité de compétence, ne vous lancez pas dans le BDSM pour soigner vos traumatismes lancez vous dans le BDSM pour le plaisir.
Je voulais et je me devais aborder ce sujet un jour car j'ai été atteint de trouble panique et le BDSM m'aidé, par le rôle de Dominant, je me suis retrouvé avec des responsabilités dont j'avais besoin je ne devais et je ne pouvais plus ruminer, par ce rôle j'ai eu le contrôle d'abord sur l'autre avant de le retrouver sur moi, il ma proposé une quête identitaire je n'ai pas que mon trauma et ses conséquences, je suis redevenu acteur de ma vie, le BDSM a redonné du sens à ma vie. Tout ça est un processus qui s'inscrit dans le long terme, je me suis pas lancé dans le BDSM pour me soigner mais juste pour vivre mes envies.
*Agentivité : la capacité de l’être humain à agir de façon intentionnelle sur lui-même, sur les autres et sur son environnement.

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