L'hégémonie du D/s : le mépris du SM



Hégémonie : du grec hêgemôn ἡγεμών, domination sans partage.

Comment la chose la plus trangressive, le SM du BDSM est elle devenue la plus méprisable ? Rien n'est obligatoire mais le D/s est obligatoire pour être reconnu.

Le D/s tel que vous le connaissez maintenant n'a pas toujours existé dans le "new topping book" (2004 ) de Dosie Easton et Janet Hardy qui la suite du "topping book" ( 1994 ) les autrices font état d'un fort développement de la composante D/s sur les 10 dernières années. Hélas elle n'en disent pas plus, je pense que l'arrivée massive des hétéros dans le BDSM et le recul du religieux la montée du féminisme, des divorces a provoqué un repli conservateur, Gala Fur sur son site parle de ce retour en arrière au tournant du 21 ème siècle.

Ce qui illustre parfaitement le mépris du SM s'est le livre de Maitre Bob "les amis de Germanicus" (2003), s'est un livre à la gloire de l'obédience latine du BDSM, pour lui le BDSM anglosaxon serait des plus barbare car versant dans trop dans la violence la progression ne serait basé que sur la capacité de la soumise à encaisser les coups, tout l'inverse du BDSM latin qui serait un art de vivre d'esthète. De nos jours ont retrouve encore ses idées mais remises au goût du jour, il faut savoir que dans la communauté très peu de personne lisent ou font des recherches, donc il n'ont pas les connaissances sur l'acculturation du BDSM, ni même cet évolution du D/s, il faut comme si tout ça avait toujours existé. Si vous avez le malheur de faire état de vos lecture vous êtes catalogué comme intello de service, ce qui est assez drôle de la part de gens se revendiquant cérébraux, je digresse. 

Revenons en à mon propos de nos jours l'idée que le SM pur n'est pas du BDSM existe toujours, elle se base sur le fait que le sadique ne serait que top/actif et le maso que bottom/passif et est complétement décorrélé de la sociologie du BDSM, 80% des pratiquants sont des blancs éduqué et la majorité des dominants sont des hommes et ils sont sadique et la majorité des femmes sont soumises et maso. Et donc on vient  vous expliquer que le SM et décorrélé des rôles, entrainant le fait qu'il n'y aurait pas d'échanger de pouvoir. Le pouvoir dans sa plus simple définition  s'est avoir la possibilité de ( faire quelque chose ), dans le SM on fait des choses, la  personne masochiste donne le pouvoir à la personne sadique de lui faire mal.


"Toute traduction entraine une perte de sens"

Lorsqu'une mot est traduit il y a une perte de sens et s'est valable dans le BSDM aussi, revenons sur le "new topping book" en français il est traduit comme l'art de dominer pas l'art d'être actif ou sadique, les pratiquants ont ignoré sciemment cet autre sens de la définition du mot top afin de soutenir leur discours. Ils ont calqué le peu qu'il savent de la communauté gay top/actif sur le BDSM. Toute traduction entraine une perte de sens car ce n'est pas votre langue maternelle car vous n'êtes pas linguiste, vous ne pouvez pas avoir tout les sens possible du mot en tête.


Le mépris du SM commence très bas, on entend souvent dire la fessée en levrette ce n'est pas du BDSM, alors que bien que se soit de l'impact assez basique dans les faits cela reste de l'impact. Une autre chose qui a surement un grand rôle dans le mépris du SM s'est le poids inconscient de la religion qui pèse encore dans les esprits.

Dans le monothéisme qu'est le christianisme, le corps, la chair est faible, source de tentation, elle n'est qu'une enveloppe temporaire, l'esprit l'âme elle est éternelle par conséquent tout ce qui chose de l'esprit est supérieur à la chair. S'est aussi valable pour le D/s et le SM. Et donc les gens n'ayant que des pratiques SM sont l'oxymore, le paradoxe qu'on nomme vanille épicée ce qui est une aberration en terme de logique puisque vanille n'a jamais voulu dire non BDSM mais souvenez vous la majorité des pratiquants n'en ont que faire de l'histoire de la communauté, comme je l'ai souvent entendu dire "moi je pratique la théorie s'est bien beau mais pratiquer s'est mieux" comme si lire et pratiquer en même temps n'était pas possible. En remontant le temps via mes lectures, je me suis rendu compte que la communauté autrefois était plus ouverte et logique les vanilles épicés y était nommé les ludiques.


Le SM n'est pas véritablement considérer comme un art à par entière, hormis dans le cadre de show, dans les shows il est poussé à son paroxysme avec des instruments et accessoires que le pratiquant du quotidien utilise peu et puis un show est un approche mercantile du BDSM. Comme le SM est lié à la chair et pas l'esprit les gens ne l'explore pas, s'est une grave erreur le SM est une art en 3 dimension un art de sensation à la croisée de la peinture et de la musique ( renvoi vers futur article ).

Autre chose à prendre en compte s'est la marchandisation du BDSM, le SM reste l'aspect le plus transgressif du BDSM tant sur la forme et sur le fond, vous enlevez la forme au D/s, les rituels, les cérémonies, le contrat, vous avez une relation vanille des années 50. Demander ce qui choque le plus un vanille concernant le BDSM ce n'est pas l'aspect D/s ce sera le SM. Pour vendre le BDSM il a fallu le respectabiliser, en le mutilant, en le désexualisant, comme ça a était fait avec le shibari et en le modernisant en n'en faisant un outil de développement personnel. Il est impossible de vendre le SM car il est forme et fond, il est transgression, il est ce qui se rapproche le plus des transgressions ultimes qui sont toutes de la violence physique, s'est d'ailleurs pour ça qu'il a été psychiatrisé. La violence physique à toujours été condamné par le pouvoir car il sait bien que si les dominés l'exerce trop souvent elle se retournera contre eux un jour conduisant à la plus grande des transgressions le meurtre.

"tu ne tueras point" Exode 20:13


On est aussi face à deux forces opposées par forcément conscientisées, garder une identité propre et vouloir se faire accepter par le plus grand nombre et là on retombe dans la respectabilité, on enlève le barbare pour mettre du civilisé on met en avant le D/s mais pas le SM.

Pour conclure à l'heure actuelle dans la communauté si vous faites que du bondage vous ne serez pas considérer comme pratiquant sauf si vous faites du shibari comme s'est considérer comme un véritable art vous serez considérer comme pratiquant il n'a pas la vulgarité du bondage il est esthétique et donc respectable, si vous faites du SM vous ne serez pas considéré comme pratiquant. Si vous faites uniquement du D/s vous serez accueilli à bras ouvert, le problème est que le D/s à l'heure d'internet est la chose la plus facilement falsifiable et les mort de faim et les fantasmeurs le savent ils sont tout à fait capable de le feindre chose qu'il n'arrive pas à faire quand on en vient au SM. Feindre le D/s n'est que reprendre des éléments de langage.


Je vais illustrer ça avec un exemple récent.

 Petite précision : je ne raisonne pas terme de vrai ou faux mais en terme de pratiquant, pas pratiquant. Faux + terme BDSM = fait partie de la communauté, un Dominant qui viole sa soumise n'est pas un faux Dominant mais un violeur un criminel, utilisons les bons termes.

Il y avait depuis quelque semaines un type qui montait sur les lives BDSM se présentant comme dominant reprenant tout les éléments de langage du D/s, un jour arrive le sujet débile des fausses soumises il monte ne live tout fier de pouvoir raconter son anecdote, il avait trouver une fausse soumise, s'était une fausse soumise parce qu'elle avait utilisé son safeword après un seul coup de cravache fort heureusement il en a pris un peu pour son grade. Là on voyait que les savoir être et les savoirs faire du BDSM n'était pas acquis.

Si il n'avait pas parler de SM il aurait pu continuer à se faire passer pour un pratiquant durant des semaines, des mois, des années. Ce tocard n'était qu'un parmis des légions.

La dyade D/s ne devrait pas primer sur les autres dyades, si nous voulions vraiment sécuriser le milieu et conserver notre identité.



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