Biais d'engagement et BDSM



Je suis tombé sur une publication intéressante de l'excellent compte words_are_a_kink sur instagram, où il faisait la différence entre l'échange de pouvoir protocolaire et l'échange de pouvoir fluide ( je décrirais ces deux concepts en fin d'article ). Il mettait en avant que l'échange de pouvoir protocolaire peut être entacher par un biais cognitif nommé le biais d'engagement.

Je me suis donc dis que ce sera de bon aloi d'en parler un peu car mon expérience récente sur les réseaux sociaux m'a montré que ce biais est peu connu et pas mal présent dans certaines relations.


Qu'est ce qu'un biais cognitif ?

Un biais cognitif est une déviation dans le traitement cognitif d'une information. Le terme biais fait référence à une déviation de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes ou des erreurs apparaissent dans un raisonnement ou un jugement.


Le biais d'engagement 

Le biais d'engagement décrit notre réticence à prendre des décisions qui contredisent ce que nous avons dit ou fait dans le passé.

Exemple : Je m'inscris à un cours de yoga au début ça me plait, au bout de 3 mois le yoga ne me plait plus mais comme j'ai déjà payé je me force à y aller.


Le biais d'engagement dans le BDSM 

Le biais d'engagement est souvent renforcé par le désir de cohérence, la peur de l’échec ou la crainte de perdre la face. Dans le BDSM cela se traduit par le conformisme, se conforme aux normes du milieu, on le trouve plus souvent chez les soumises.

Pour être une bonne soumise il faut se conformer pratiquer selon le folklore faire les rituels à la mode et les pratiques à la mode. J'ai donc déjà entendu une soumise dire "j'ai pas envie de faire ce rituel mais je le fait quand même j'ai signé pour ça" ou encore pour le free use ( la disponibilité sexuelle permanente ) "j'ai pas envie mais je me force" s'est littéralement du devoir conjugal donc du viol.

Ca pose question sur le consentement révocable, vous personnes soumises vous avez le droit de dire non alors que vous avez dit oui avant.

Se forcer à faire des choses par conformisme pour performer son rôle s'est délétère, le but d'un rituel s'est de créer du lien, un rituel une pratique ça doit se faire avec enthousiasme. Le plus terrible dans cette histoire ce que ses propos ont été tenus devant les Dominants des soumises en question et à aucun moment ils ne se sont remis en question, encore une fois par conformisme parce que il y a discours de fond qui dit que le BDSM ça se mérite et le mérite se gagne en souffrant pas en se faisant plaisir.


Echange de pouvoir protocolaire et échange de pouvoir fluide.

L'échange de pouvoir protocolaire s''est la relation BDSM stéréotypé, qui reprends tout les outils de communication existants ( contrat checklist etc ), qui préétabli les rituels à l'avance, s'est une vision de la relation qui pour certains est enveloppante de sécurité mais pour d'autre tout préétablir à l'avance devient un vrai boulot, un boulot qui peut devenir étouffant

L'échange de pouvoir fluide s'est partir du principe que tout n'a besoin d'être écrit en amont, il y a un dialogue permanent, les rituels ne sont pas préétabli il se crée naturellement.

Words_are_a_kink expliquait que l'échange de pouvoir fluide est une possibilité pour éviter de tomber dans le biais d'engagement.

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