Ce film que la communauté BDSM déteste alors qu'elle ne devrait pas !


Bien que la communauté soit constitué d'archipel de cercle aux opinions diverses et variées qui mènent entre eux des guerres de clochers, il y a un sujet sur lequel tout ce petit monde est uni, c'est la haine envers un film, le célèbre 50 nuances de Grey. Ce film est loin d'être parfait et il est loin d''être la pire représentation du BDSM, il y a des films qui sont souvent encensés qui sont bien pires.

La fiction influence le réel, ça se voit beaucoup avec la science fiction ( De la science fiction à l'innovation ), cela vaut aussi pour le BDSM, le courant goréen n'existerait pas sans les chronique de Gor, le BDSMblem et le collier avec anneau en O n'existerait pas sans le livre histoire d'O.

Avant toute chose, je vais faire un point sur la culture du consentement vanille et la culture du consentement BDSM.

La culture du consentement vanille est basé sur l'implicite ça tend à changer avec l'impulsion de mouvement féministe et du courant sexpositif mais ça reste encore majoritairement implicite, l'implicite c'est le non dit c'est qui ne dit mot consent.

Le consentement dans le BDSM est explicite, il repose sur un cadre, chacun à un rôle défini, des envies et des limites, il est aussi discuté de comment sécuriser les pratiques et limiter les risques tout cela est exprimé dans un contrat papier ou oral et bien amont de toute relation et/ou séance, tout cela participe au recueil du consentement qui tient une place indispensable.

Il y a trois films qui reviennent souvent qui pour beaucoup sont des meilleurs représentation du BDSM


Neuf semaine et demi

Ce film date de 1986, il nous présente le premier des Gray/Grey*, John de son prénom, jeune riche et beau. A aucun moment du film il ne se définit et se présente comme dominant, ni ne propose un cadre clair en amont de toute relation et pratique. C'est un personnage donc toxique, il cache une partie de sa vie à Elisabeth car pour lui elle n'est qu'une parenthèse temporaire dans une vie morne, quand elle fouillera dans sa vie, il voudra la punir ce qu'elle refusera, ils se disputeront en viendront aux mains elle se débattra et il la violera !

Pas de cadre pas de consentement on est pas dans la culture du consentement BDSM explicite mais dans un cadre vanille explicite avec des pratiques BDSM ce que la communauté BDSM appellerait du vanille épicé.

* Il n'y pas de filiation entre les différents Grey/Gray la communauté n'a retenu que Christian Grey ce qui est paradoxal ou signe d'un amour/haine.


La secrétaire

Ce film date de 2002 on y trouve le deuxième Grey, Edward de son prénom, patron exigeant mais surtout toxique qui pousse à bout ses secrétaires, il recrute Lee une jeune femme fragile, dépressive qui s'automutile. Ici encore pas de cadre Edward ne se définit ni se présente comme dominant il ne propose pas de cadre clair en amont de toute relation et pratiques, il ne recueille pas le consentement. Le BDSM est présenté comme une alternative thérapeutique à la psychiatrie et à l'automutilation chose que personne ne peut garantir dans le monde réel, de plus il va contrôler son alimentation la poussant à se sous alimenter ce qui pourrait provoquer des TCA.

En fin de film il poussera Lee a prouvé sa dévotion après l'avoir renvoyé car il est incapable de lui dire ces sentiments, ce qui poussera Lee a faire une grave de la faim.

Domination

Celui-ci est un peu à part des deux autres qui sont 100% fictionnel. Ce film date de 2009 et est basé sur l'affaire judiciaire du juge belge Koenraad Aurousseau, il est condamné à une année de prison avec sursis et amende par la justice belge en 1998 pour avoir eu des pratiques très violentes sous contrat masochiste avec sa femme. Il est condamné en appel puis saisi la la Cour européenne des Droits de l'Homme, en s'appuyant sur une approche fondée sur la Convention européenne des droits de l'homme, qui reconnaît le « droit à disposer de son propre corps ». Mais la Cour européenne des Droits de l'Homme rejette la plainte, au motif qu'il est arrivé que la victime demande que les sévices s'arrêtent mais n'a pas été entendue : le magistrat était sous l'influence de l'alcool et incapable de garder le contrôle de la situation.

Pour rappel dans la communauté BDSM pratiqué sous l'influence d'alcool ou de drogue est mal vue, il en va de même pour le non respect du safeword.

Le film passe sous silence cette partie de l'affaire et minimise la consommation d'alcool des époux Aurousseau. Ce film aussi présente le BDSM comme une alternative thérapeutique Magda l'épouse du juge n'est plus dépressive dès le moment où elle arrive à convaincre son mari de pratiquer le BDSM. Ce dernier n'a aucun goût pour le sadisme et la domination, une fois la relation installée, il ne comprend toujours pas les goûts de sa femme.

Il est au final qu'un kink dispenser car après chaque séance sa femme retrouve de la libido ce qu'elle n'avait pas avant.


En quoi 50 nuances de Grey est mieux que les autres films ?

Dans 50 nuances de Grey, Christian Grey se définit comme dominant, il va proposer un cadre certes très protocolaire mais complet :

  • Contrat
  • Checklist
  • Règles 
  • Punition
  • Safeword

En quoi 50 nuances de Grey n'est pas mieux que les autres films ?

Comme dans Domination l'une des deux parties ici Anna n'a pas de goût pour le BDSM, Christian comme Edward et John est très contrôlant et toxique et comme eux il n'est pas très à cheval sur le respect du consentement.


Mais alors pourquoi si le film est il détesté bien que sur le plan de la représentation du BDSM il ne soit pas aussi mauvais que les autres ?


Le film fait sauter le gatekeeping en divulguant ce qu'un contrat contient et comment il se négocie, dans la communauté BDSM il y a une présence très forte du mythe de la méritocratie, apprendre les secrets du BDSM requerrait d'avoir à prouver sa valeur dans un long parcours de compagnonnage et de cooptation.

Par conséquent relever les petits secrets de polichinelle du BDSM dans un film reviendrait à diluer l'identité BDSM avec un afflux massif de nouveau pratiquants, sauf que ça fait plus de 20 ans que le BDSM se démocratise via internet.

Le BDSM mis en avant dans 50 nuances est un BDSM anglosaxon je pense qu'il est légitime de se demander si la défiance des pratiquants français n'est pas aussi lié à une peur d'acculturation, encore aujourd'hui bon nombre de pratiquants ne connaissent pas tout les apports du BDSM anglosaxon, récemment j'ai entendu une pratiquante rapporter qu'un organisateur de soirée ne savait ce qu'était un aftercare.

Un argument qui revient souvent et que 50 nuances créerait des abuseurs malgré eux déplaçant la responsabilité des violences et des rapports de domination "vanille" vers le film alors que ce n'est pas le cas. Un abuseur, un violeur blâmeras toujours un élément qui n'est pas lui pour justifier ces actes se plaçant en co victime afin de pouvoir échapper à la justice qu'elle soit sociale ou pénale.

Dernier point et pas des moindres, le conformisme qui touchent pas mal de débutant et ce qu'importe leur tranche d'âge, afin d'être accepter dans la communauté, répète que 50 nuances est une mauvaise représentation du BDSM sans savoir pourquoi.

Pour finir, je vous le redis 50 nuances de Grey n'est pas un bon film mais il n'est pas pire que les autres comme je l'ai démontré néanmoins il y a un film qui surpasse les autres films est de très loin, il est moderne et humain, il y a un cadre du consentement, aucun viol et il ne contient pas de représentation stéréotypée du BDSM.

Je parle de l'excellent "l'amour en laisse".


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